Réponse directeSeulement en cas de faute
Le suicide d'un patient n'engage pas en soi la responsabilité de son psychiatre. Il faut établir une faute, un dommage et un lien de causalité.
La faute recherchée porte sur l'évaluation et la surveillance : le risque était-il repérable avec les éléments dont le praticien disposait ? Les moyens mis en œuvre étaient-ils adaptés à ce niveau de risque ?
Les juges examinent concrètement : les antécédents du patient (tentatives, hospitalisations), l'intensité des troubles au moment de la décision, la traçabilité de l'évaluation, l'adéquation de la surveillance et la cohérence de la prise en charge quand plusieurs praticiens se succèdent.
Un passage à l'acte réellement imprévisible, chez un patient dont le risque a été évalué et documenté, n'ouvre pas droit à réparation.
À l'inverse, la mise en cause prospère quand le dossier ne porte aucune trace d'évaluation, quand une aggravation récente a été ignorée, ou quand une sortie a été décidée sans réexaminer l'état du patient.
L'écrit est votre première protection. En psychiatrie, la défense se joue sur le dossier. Une évaluation du risque suicidaire datée, motivée et argumentée, même si elle conclut à un risque faible, vaut mieux qu'une conviction clinique non consignée. Ce n'est pas une formalité : c'est la seule pièce qui montre, des années plus tard, ce qui était connu au moment de la décision.